Vacances - continuation

Bien que j’écrive ces lignes dans un moment où je suis de nouveau en vacances, je ne vais pas parler de ces dernières, je continuerai à présenter l’épopée de cet été.

Pour résumer ou rappeler, je ne vous alloue que quelques mots: l’ennuyeuse ville natale et la convoitise de la quitter nous amenèrent sur l’excitant litoral roumain, dont le visage se fut renouvelé apparemment les deux dernières années. Des kilomètres de plages à sable fin et aux paillotes, de petits palmiers sur les allées, des fontaines artésiennes illuminées depuis l’intérieur, une multitude de restaurants, nombre de discothèques, même sur la plage… oui, il y avait une vie de nuit d’une intensité pas négligeable, dirais-je attisante. Tout commençait avant 9 heures, par de divers spectacles dans les jardins d’été, cinématographes ou théâtres en plein air; on pouvait continuer par une promenade, qui n’était qu’une manière plaisante de ressentir le chic de cette station: ici un concert, là un autre et partout de belles filles (et je dois avouer encore une fois que seulement en Roumanie on peut rencontrer une telle densité de beauté et de féminité).

Je suis sincère quand je dis que je ne goûtai pas de toutes ces friandises de Mamaia. Logés à Constanta, nous revînmes toujours dans notre chambre avant 2 heures du matin. Aussi sincèrement j’admis que, même si on se couchait à une telle heure, on ne fut jamais avant 10h30 sur la plage. Ayant donné quelques repères sur notre programme, je retourne aux choses et épisodes intéressants de notre séjour. Parmi les nouveautés de cette année se dénombre aussi Aqua Magic, le parc aquatique. On voulut y aller, au moins moi et Lucian, et par conséquent on le fit. Personellement, je vois Aqua Magic comme déjà une partie intégrante de cette station-là, par son spécifique que je n’avais pas rencontré auparavant: toute sorte de tobogans à couche d’eau, ruisseau sur lequel on pouvait envisager des balades en gonflables, bar en piscine… Comme il était effrayant lorsque l’on empruntait ces tubes inlassablement hauts, en spirale ou en hélice, tordus jusqu’au point où ils te donnaient la sensation non plus de chuter, me de déplacement en haut! De surcroît, au cas où la vitesse du sujet fût devenue trop accentuée, on s’unissait au tourbillon et on vivait intensément la noyade, même s’il ne s’agissait que d’une paire de secondes ;-)

Lors de ma sortie d’Aqua Magic, je reçus l’appel de… ma filleule, qui venait d’arriver à la mer. Nous nous établîmes un rendez-vous dans peu de temps. Elle et sa famille avaient traversé le pays pour passer une semaine sur le litoral; indécidés sur la station, ils vinrent à Mamaia après être passés par Eforie Nord. Et nous voilà: moi, Anca, son frère et leurs parents, déambulant dans le parc de distractions de Mamaia, un vieil endroit de cette ville; plus tard, on se promenait au bord de la mer, les pieds nus. Ce ne fut qu’assez tard que j’intégrai de nouveau la “famille” Zait.

Ayant notre propre voiture, il aurait été dommage que nous ne fissions pas une excursion pour parcourir le collier entier des stations litorales. Il est vrai, il y a des contrastes visibles par rapport à Mamaia. Premièrement, le flux de touristes est plus appaisé et ici on entrevoit donc une solution pour ceux qui veulent éviter l’agglomération humaine. Puis on peut discuter d’un écart de quelques ans: il est évident que l’infusion d’argent est plus présente en Mamaia. Néanmoins, la paix de ces stations doit être un grand atou, puisque le nombre de touristes étrangers est semblable. Et on vit donc Eforie, Jupiter, Neptun, Olimp, Saturn et Vama Veche. Dans ce dernier endroit on sentait encore très bien l’esprit hippy qui lui fut toujour caractéristique: pas de contructions, mais seulement des tentes près du sable de la plage ;-) Plus tard, de retour à Constanta, ce ne fut que moi qui se dirigea vers Mamaia, pour une sacrée baignade. Et la chance me sourit: je rejoignis Anca et Victor et plus tard le coucher du soleil nous trouva là, les serviettes autour des corps.

Le lendemain j’allais rencotrer Cristi, mon cher camarade de Grenoble et d’avant. Une matinée pendant laquelle Lucian, avant qu’il nous laisse, sauta à l’élastique :-) Matinée qui compris de la plage aussi et de la palabre même plus. Cristi et moi, nous ne nous vîmes pas depuis un an… on continua à causer tant que l’on put, c-à-d pour encore 20 heures: nous déjeunâmes, reprîmes les bains de soleil, nous baignâmes et vers le soir nous nous séparâmes pour 4-5 heures où je revins dans ma chambre pour préparer mon bagage. À 10 heures du soir, on se rencontrait de nouveau; j’avais arrangé un petit rendez-vous avec deux filles de Dorohoi, avec qui on se croisa un soir devant le casino. Après un vin sur une terrasse, nous entrâmes tous dans une discothèque en plein air et on se sentit bien. À partir de 3 heures on ne fut que nous et on continua de déambuler ou de balayer les plages sous nos pas rallentis. L’air de la nuit était frais et nos têtes étourdies. Et ainsi, en errant vers le sud, nous apercûmes au-dessus de la mer le premier fil de lumière diurne. Il n’était que 4 heures. Graduellement, la nuit disparaissait… à 5h les oiseaux marins prenaient leur collation, mais le lever du soleil se laissait attendre. Il faisait froid et, n’étant pas équipé comme les rêveurs qui dormirent sur des chaises-longues pour se reveiller aux premières lueurs de l’aube, je me mis à l’abri d’une échoppe. Je m’assoupis.

Non, je ne ratai pas le lever du soleil, l’attente ne fut pas inutile. Il aurait été 6 heures moins 5… La lumière rougeâtre s’intensifiait, l’astre remuait vite et le jour s’accomplit. Il s’ensuivit un chocolat chaud pour chacun de nous et une longue séparation dans la station d’essence où Lucian devait me récupérer. On quitta le litoral ce matin-là.

La voiture non plus ne voulait pas rentrer. Elle s’abîma à 70km de Constanta et il fallut que nous roulassions sans vitesse et que nous arrêtassions toutes les 30 minutes, puis même plus souvent. Le moteur était haché et on n’était pas du tout sûr que l’on puisse arriver à Dorohoi. À Bacãu, la fréquence des arrêts était plus que menaçante: on ne pouvait pas aller plus de 10km sans changer d’eau! Je pensait à rester là, chez ma tante. Mais… la solution sauvetrice apparut: un couvercle éloigné nous permit de baisser la fréquence maudite citée ci-dessus… nous fûmes dans Dorohoi à minuit moins quart.

Dorohoi, ma ville bien aimée! Qu’est-ce que tu me manquas! Revenu à Dorohoi, je repris les petites affaires que je devais résoudre, comme le dossier pour mon auto-école (casier judiciaire, certificat de baccalauréat etc.). D’une autre part, j’aidais mes parents en ce qui concernait la rénovation qu’ils avaient entamée. Ah, c’est vrai: sur cette page de journal je ne glissai aucun mot sur mes parents! Que dire? Je les trouvai plus ennuyés que l’année précedente, ma mère plus consciente de ce que la retraite pouvait être, mon père plus vieilli et plus désarmé. Mais la vie n’est pas toujours juste :-(

2 jours avant l’examen je fis une courte visite à la campagne et je vis ma vieille tante Maria, mon cousin Ovidiu et ses parents. Le lendemain de cet examen-là je partais de Dorohoi pour Bacãu, d’où, après un jour, je repartais pour Iasi. C’étaient les derniers jours en Roumanie.

À Bacãu je visitai Minica et rencontrai Radu, qui m’a confessé de son périple canadien. Je vis aussi mon oncle Mihai et ma tante Ninetta et mon cousin Lorinel, le docteur (un type qui, jeune lycéen, eut écrit dans les almanachs de SF et qui finit par faire une carrière en médecine, mais dont le confort matériel actuel ne le rend pas moins dégoûté par ce qui signifie la Roumanie). Et puis, comme je vous le dis déjà, Iasi ;-) Arthur, Odette, les marraines, cousins et les cousines… même Benone de Bucarest et sa famille étaient au passage. En plus, je rencontrai Cornel, le fils de ma marraine, qui, après le chemin de Bavière, avait trouvé celui de Toscane. L’analyse de la société italienne faite par un pauvre ingénieur en constructions parraît un sujet intéressant, n’est-ce pas? Je vous assure que ça se peut s’avérer captivant :-) Mais je ne le mettrai qu’en annexe.

Et me voilà, un matin de lundi, dans le joli aéroport de Iasi. Je m’envolais pour la France, ou je l’espérais, parce que je n’avais pas de réservation pour la deuxième partie du vol, Bucarest-Paris. Mais je m’arrête ici, vu que la fin est connue: je suis dans ma chambre, à Polytechnique.

This entry was posted on Saturday, September 20th, 2003 at 7:43 am and is filed under Elliptiques. Find similar posts by selecting and of the following tags: . You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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