C’est dans Le Monde que je découvris un article sur les étudiants étrangers de France. Ce rapport récent parle, assez timidement, du manque d’attraction que ce pays a pour les jeunes d’ailleurs. Pour la plupart africains, les étudiants qui fréquentent les cours des universités françaises ne sont pas les élites que l’on attend toujours de l’extérieur. Ces élites optent par contre pour les É.U., l’Allemagne ou le Royaume Uni.
Ravir les élites d’ailleurs par sa splendeur… cela appartient à un autre temps. La France d’aujourd’hui a autant de problèmes, dont elle ne veut même pas discuter. La discrimination à laquelle on répond par le soi-disant renforcement de la laïcité en est un exemple. La résistence aux réformes que demandent l’Europe et l’avenir du pays - en voilà un autre. L’attitude défensive envers le monde anglo-saxon, équivalant à une grave fermeture en soi… L’inertie, l’immobilité, le manque d’hommes politiques…
La France gît toujours dans un exaspérant engourdissement, mais en entretenant ses rêves de grandeur qu’elle sut vivre au cours de l’histoire. Elle geind et réfléchit parfois sur leur pâleur présente, mais sans aller trop loin dans cet exercice. Ergoter, mais sans conclure - c’est tellement français! Quand est-ce que ce peuple aura le courage d’accepter la réalité de son déclin? Ce n’est qu’alors qu’il aura aussi la chance de l’arrêter. Et, en visant le futur, la France pourra se redresser et revivre les grands rêves d’antan.
Mais entre temps… je maudis cette attente dont je ne puis estimer la durée.
J’ai acheté des billets d’avion, à vil prix, pour Bucarest. Mais hélas! je ne partirai pas de Nice
Je ferai Milan-Bucarest aller-retour avec Myair et le reste du trajet en train (pour moi, Milan est toujours dans les parages). C’est une bonne affaire.
De belles offres sur Myair vous attendent, essayez-en!
Sinon, ayant comme départ la France, vous trouverez tout ce que vous cherchez sur cette page (descendre jusqu’au tableau).
Pour moi - du jamais vu ; pour les autres - quelque chose de très rare : il neige! Qui plus est, il neige à gros flocons et intensément. Qui l’eût cru possible?
Hébété, je regarde le spectacle un chocolat chaud dans les mains. Il ne fait pas tellemnt froid, mais je viens de m’en faire un : je ne veux entamer la magie à laquelle mes sens soubissent
Qu’il est agréable de découvrir parfois des annotations, remarques, textes sur ses amis! Je viens de tomber sur une telle page.
De plus, ce sont des circonstances dont je garde souvenance : je faillis entrer aussi dans la photographie, mais malheureusement ce jour-là je ne pus quitter Palaiseau.
Tributaire à un choix initial, à un moment décisif où il se résolu à quitter ses géniteurs, ses frères et soeurs, ses amis - son pays - l’errant est un joueur de loterie inversée : il commence par savoir avoir finalement gagné, puis, au fur des années, son grand lot devient de moins en moins sûr. Bien qu’il soit toujours convaincu de la justesse de sa décision, son cerveau commence à abriter sentiments d’outragé. Privilégié et deshérité en même temps! Comme si ce malheureux et son destin devaient subir à une loi spéciale, allant à l’encontre de tout bon sens.
À propos, vous souvenez-vous des cours de physique lors desquels, à un certain instant, toutes intuitions et donc notre cher bon sens même furent démollis au profit d’une théorie dite des quanta? Le seul soulagement était que tout commençait et arrêtait à un échelle futile et que le monde de nos perceptions en était épargné. On pérorait alors que la mécanique quantique ne s’appliquait guère aux systèmes physiques macroscopiques. Que c’est faux, mes amis! Il ne faut que dépasser la frontière de son pays pour s’en rendre compte! De gagnant on devient gagnant perdant, le lot toujours dans les mains!
Que peut-il faire alors? Envisager le retour, comme on lui suggère parfois après de pathétiques expositions de son dilemme? Mais ne fut-il pas celui qui eut la force de dire non? qui sut préférer l’air frais à la promiscuité? qui sut dénoncer et rejeter l’immonde de sa société? Qu’est-ce qui pourrait être alors plus insensé que de rentrer? Mais qui plus est : y aura-t-il alternative à gagnant perdant?
Je suis un d’entre eux. Un accent plus dur ou assez léger sur les lèvres, un passé qui lui appartient en exclusivité, l’immigrant porte sa croix dans un monde qu’il osait, au début, croire aller conquérir. L’un travaille toujours chez le même traiteur, en distribuant des panini et des “merrrci, mossieur, madame”. L’autre fait toujours des listes doublement chaînées, mais cette fois devant un écran plat haute résolution, sur lequel son agent de messagerie occupe beaucoup moins de place. Pourtant, quoique rarement, on retrouve des spécimènes qui allèrent plus loin, considérablement plus. D’ambitieuses gens qui voulurent percer l’hiéranchie et non seulement : ils y arrivèrent, dans une mesure quelconque. On dirait que j’en suis un.
Ca fait des années que je suis dans ce pays. J’arrivai dans les parages des rêves dans ma tête, optimiste, souriant, comme de detenir le secret d’un avenir non meilleur, mais presque parfait. À présent je ne rêve plus ; tous les songes que je tâche parfois d’éprouver se lient d’un départ ou s’entremêlent du nom de ma patrie. Recru de fatigue spirituelle, j’ai du mal à reconnaître ma défaite. Quelle défaite? ai-je prononcé ce mot?!
“Tu contestais ce système, mais c’est toi qui en profiteras au maximum“, me disait Patrick, dérouté par mes éruptions antérieures envers la perfidie du vétuste élitisme français. C’était comme de dire “Mon ami, sois content, tu es un des privilégiés!“. Or je me foutais déjà de tous ces aspects. En effet, mes huées et ma rage se furent apaisées, ne fût-ce qu’en vue d’un défoulement ultérieur. Je m’en foutais autant… pourquoi? J’énonce alors l’évidence : quelque contant de son succès professionnel que l’on puisse être, l’humain reste humain, il cherche le bonheur. Il cherche à être accepté, respecté, aimé.
Je ne me sens pas accepté en France. Présentement, je tente de croire que j’ai tort. Et j’attends paisiblement le jour où je me détromperai. L’instant où les arguments logiques dévanceront l’engouement négatif de mes sensations. Où l’idée de défaite échangera son survol hantant pour un statut de perception anéantie.
床前明月光
疑是地上霜
挙头望明月
低头思故乡
Chuáng qián míng yuè guāng
Yí shì dì shàng shuāng
Jǔ tóu wàng míng yuè
Dī tóu sī gùxiāng.
Devant mon lit, clair de lune.
Serait-ce du givre sur la terre?
Tête levée, je contemple la lune,
Tête baissée, je songe au pays natal.
En chinois, ce ne sont pas que la rime et la mesure qui comptent dans la poésie. Il y a une dimension supplémentaire, ensorcelante, profonde : les tons. En effet, chaque poème a sa propre musique.
La dinastie Tang est considérée comme celle de l’apogée de la poésie chinoise. Ce poème-ci appartient à Lǐ Bái (李白) ; il est célèbre.
Sergiu et Dorin partirent. Je restai faire seul le Noël. Bien que l’on préparât une fête au foyer, ce fut tout de même peu par rapport aux émotions qu’on pouvait éprouver en Roumanie. Et dans de telles circonstances, on ne peut finalement ressentir qu’une sorte de lourdeur déprimante.
Paradoxalement, ce fut le Noël lors duquel j’écoutai le plus de chants (je parle des colinde roumaines, qui caractérisent autant l’atmosphère de la nativité chez nous). Je les vécus cette fois si intensément! De surcroît, elle me donnèrent la possibilité d’avancer (mentalement) cette fête pour que je pusse la célébrer avec mes Roumains ; en effet, juste avant le départ de Sergiu, nous avons partagé quelques moments moins profanes.
Reclus dans ma piaule, j’attendis mon voyage vers La Plagne (Haute Savoie, non loin d’Albertville), où j’allais faire une semaine de ski. Dimanche, le 26 décembre, en matinée, je commençais mon aventure: je faisais l’autostop sur la route de Napoléon. Maintenant, quand je tâche de me souvenir de ces moments-là, je me dis: ne plus jamais faire le stop sur la nationale! À vrai dire, minces sont les chances du stoppeur sur un chemain secondaire, dans un jour férié! Incroyablement, mais le soir j’étais à Aime, et puis à La Plagne. En résumé: je débutai mes périples avec Nathalie (jusqu’à la sortie Grasse); je fus pris par un autochtone, histoire de quelques kilomètres; je continuai avec un homme à deux gémeaux de 5 ans (jusqu’à Castellane - on y était déjà en hiver), puis, après de longues attentes, avec deux personnes stylées et aisées; Digne-Grenoble dans une petite utilitaire; à Grenoble (déjà 18h) je trouvai un jeune de Montpellier qui allait au dela d’Albertville; puis un couple de professeurs m’amena à Moûtiers, un couple d’Arabes à Aime et une famille lilloise envoûtante - jusqu’à mon hôtel.
Semaine de ski à La Plagne, dans la compagnie d’Andrei et d’ex-camarades brésiliens. Le Nouvel An nous le fîment ensemble.
Le 2 janvier 2005 : l’autostop de retour. J’étais décidé de beaucoup contourner, afin d’emprunter seules les autoroutes. Trois voitures pour arriver à Moûtiers, qui s’avéra un point mort (plus qu’une heure d’essais échoués). Un couple me déposa près de Chambéry, à un péage. Là ce fut la première fois de ma vie que je me fisse légitimer, par les gendarmes. Apparemment le stop n’est-il pas permis sur l’autoroute, cela comprenant aussi les péages et les espaces auxiliaires. Chambéry-Grenoble-Valence avec un père qui reconduisait ses fils à leur domicile (lointain). Et Valence - Sophia Antipolis avec un couple simple qui m’a fortement surpris par son désir d’aider: il devait en fait s’arrêter à Aix-en-Provence. Ainsi je fis un long trajet (300 km?) le chien dans mes bras et le chat dans le dos (ils avaient des animaux)
Qu’il fut dur de se rendre le lendemain à l’école! De fait, je ne le fis pas… Ces fêtes ne sont pas toujours motivantes.