Immigrant en France
Je suis un d’entre eux. Un accent plus dur ou assez léger sur les lèvres, un passé qui lui appartient en exclusivité, l’immigrant porte sa croix dans un monde qu’il osait, au début, croire aller conquérir. L’un travaille toujours chez le même traiteur, en distribuant des panini et des “merrrci, mossieur, madame”. L’autre fait toujours des listes doublement chaînées, mais cette fois devant un écran plat haute résolution, sur lequel son agent de messagerie occupe beaucoup moins de place. Pourtant, quoique rarement, on retrouve des spécimènes qui allèrent plus loin, considérablement plus. D’ambitieuses gens qui voulurent percer l’hiéranchie et non seulement : ils y arrivèrent, dans une mesure quelconque. On dirait que j’en suis un.
Ca fait des années que je suis dans ce pays. J’arrivai dans les parages des rêves dans ma tête, optimiste, souriant, comme de detenir le secret d’un avenir non meilleur, mais presque parfait. À présent je ne rêve plus ; tous les songes que je tâche parfois d’éprouver se lient d’un départ ou s’entremêlent du nom de ma patrie. Recru de fatigue spirituelle, j’ai du mal à reconnaître ma défaite. Quelle défaite? ai-je prononcé ce mot?!
“Tu contestais ce système, mais c’est toi qui en profiteras au maximum“, me disait Patrick, dérouté par mes éruptions antérieures envers la perfidie du vétuste élitisme français. C’était comme de dire “Mon ami, sois content, tu es un des privilégiés!“. Or je me foutais déjà de tous ces aspects. En effet, mes huées et ma rage se furent apaisées, ne fût-ce qu’en vue d’un défoulement ultérieur. Je m’en foutais autant… pourquoi? J’énonce alors l’évidence : quelque contant de son succès professionnel que l’on puisse être, l’humain reste humain, il cherche le bonheur. Il cherche à être accepté, respecté, aimé.
Je ne me sens pas accepté en France. Présentement, je tente de croire que j’ai tort. Et j’attends paisiblement le jour où je me détromperai. L’instant où les arguments logiques dévanceront l’engouement négatif de mes sensations. Où l’idée de défaite échangera son survol hantant pour un statut de perception anéantie.
This entry was posted on Wednesday, January 12th, 2005 at 3:53 pm and is filed under Elliptiques. Find similar posts by selecting and of the following tags: . You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.
Have your say
Fields in bold are required. Email addresses are never published or distributed.
Some HTML code is allowed:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>URIs must be fully qualified (eg: http://www.domainname.com) and all tags must be properly closed.
Line breaks and paragraphs are automatically converted.
Please keep comments relevant. Off-topic, offensive or inappropriate comments may be edited or removed.