Souvenir de Paris
Je me suis emparé de ce billet lors de mon dernier trajet en RER. C’était après avoir obtenu mon visa pour l’Amérique. Je crois que vous, qui y êtes restés, ne souffrez pas de cette nostalgie que j’éprouve maintenant ![]()
Je me suis emparé de ce billet lors de mon dernier trajet en RER. C’était après avoir obtenu mon visa pour l’Amérique. Je crois que vous, qui y êtes restés, ne souffrez pas de cette nostalgie que j’éprouve maintenant ![]()
Tous disent que c’est facile. Peut-être ont-ils raison, mais surtout à l’égard de l’examen de conduite. L’examen écrit n’est pas difficile, mais il ne faut pour autant pas se dispenser d’étudier le code; de plus, il est fort conseillé d’essayer de faire des questionnaires. Je l’ai réussi du premier coup, sans faute. Que je vous explique la procédure par laquelle je suis passé :
Ce matin, je me suis présenté au bureau DMV de Santa Clara, sans rendez-vous. On m’a donné de suite un formulaire. Après l’avoir rempli, j’ai payé un taxe de 25$ et je me suis inséré dans la queue destinée à ceux qui voulaient passer l’examen écrit. 3 minutes d’attente et c’était déjà mon tour. On m’a demandé un spécimen de signature, l’empreinte du pouce droit et je me suis fait photographier. Puis j’ai reçu le test et je me suis dirigé vers un coin qui nous était dédié. Il y avait une quizaine de candidats, debout et cochant leurs 36 réponses - en effet, c’était aménagé exactement comme les circonscriptions de vote!
J’ai été surpris de voir comme un certain candidat, à 40 ans à-peu-près, parlait au téléphone portable pendant qu’il votait. J’en avais été averti par avance - on allait pouvoir même ouvrir le bouquin ; ce que je n’ai pas fait, car immoral et pas nécessaire. Ou pas nécessaire et immoral. D’accord, l’occasion fait le larron, comme statuait un proverbe méditerranéen.
Le questionnaire dûment rempli, j’ai ensuite joigné rejoint une autre queue (2 minutes) pour le rendre. On me l’a corrigé sur place (du moins, c’est ce que notre fonctionnaire a tâché) et fait à l’arrache un test d’acuité visuelle. Après quoi on m’a remis un permis de conduire provisoire.
Efficacité, Messieurs-dames!
La meilleure nourriture que j’aie jamais dégustée sur le sol américain me fut servie aujourd’hui, dans ce restaurant à la touche française. Figurèrent parmi mes choix du poulet rôti aux légumes frits en sauce au vin rouge et une crêpe aux fraises et chocolat.
Dommage que nos projets déjeunatoires eussent toujours évité cet endroit!… La cause unique de notre pâtiment croissant fut le mois de congés que son patron daigna prendre : rien de plus français que cela!
La dernière fin de semaine fut très agréable. Du ski-jet sur le lac… ou le delta (c’est à l’est de la Baie de San Franciso)… Que Nola est chanceuse d’avoir une maison sur Bethel Island! Je le lui dis, d’ailleurs, et elle se vit dans la situation de devoir offrir des explications : elle l’avait achetée pour des clous à l’époque où l’endroit été désigné par un autre nom, Methyl Island ; en traduction - la Méthylamphîle.
Comme disait John, mon colocataire, l’herbe pousse partout en Californie. Aussi bien que les laboratoires clandestins. De temps en temps, un des labos explose et ce fut le cas sur la Méthylamphîle. Ce suffit pour que la police se décidât à nettoyer l’endroit ; cela déclancha la métamorphose de cette petite contrée et le début de la montée des prix de l’immobilier. Mais Nola détenait déjà sa maison de vacances…
Le soir on joua au poker dans la cave-labo de Nola.
En lisant le code routier californien, qu’est-ce que je découvre? Que les feux d’arme sont interdits sur les voies publiques
Probablement ce n’est pas encore défendu dans les parkings des hypermarchés…
Je viens de voir à la télé une pub d’une firme d’avocats : il s’agissait d’un médicament contre l’ostéoarthrite, Vioxx, qui s’est finalement avéré très dangereux pour ses consommateurs. Le message publicitaire incitait les victimes à se manifester : vous obtiendrez des compensations si, après le traitement avec Vioxx, vous avez subi un préinfarctus, un infarctus ou un décès.
Américains et téléphones, ce sont des notions indissociables. De plus, quand on a une colocataire qui a aussi l’habitude de parler fort, les parois trop fines de la maison standard ne peuvent plus t’offrir quelque sensation de pseudotranquillité… Mais je divague, parce que ce n’est pas ça que je voulais mentionner. Bon, je disais que leurs conversations téléphoniques sont souvent longues. Rien ne peut les faire raccrocher, pas même s’il doivent aller aux toilettes. Le bruit de l’eau dans le water et la voix de Carolyn en pleine conversation, ça m’a choqué. Mais puis j’ai observé que c’était un acte courant (et naturel) parmi ces braves Américains (oui, les mecs le font aussi souvent que les nanas).
Qu’est-ce que Fort Bragg? Ne vous en souciez pas, c’est une petite ville au nord de la Californie. Plages larges (eau congelée) et forêts de conifères. Non loin d’un village assez touristique, Mendocino.
Ce qui me plut beacoup ici fut l’épisode de la taverne où j’entrai avec Nick. Il s’agit d’un bar très commun, doté d’un long comptoir flanqué de téléviseurs, d’où on pouvait percevoir tout ce qui se passait dans le local à cause des miroirs installés sur le mur d’en face. Les clients étaient des autochtones (fermiers ou ouvriers). Le serveur, voluble, mettait de la couleur dans cette soirée. Les deux femmes présentes dans le bar étaient évidemment des prostituées, du simple fait qu’elles semblaient beaucoup trop désinvoltes pour pouvoir pratiquer d’autres métiers.
Plus tard, quand j’avais presque fini ma bière, le barman fut étonné d’entendre que je n’allais pas en servir une deuxième et m’en offra ensuite une, sur son compte. Non seulement inattendu, mais aussi impoli trouva-t-il mon refus.
Sur ce, je peux vous dire que je me suis senti figurant dans un film américain - tellement typique j’ai trouvé cet endroit-là!
À peine ai-je pu me détacher de la télé. Ils ont des emissions de téléréalité incroyables, fantasmagoriques même. Est-ce un paradoxe? Non, c’est juste leur génie!
Je viens de voir une telle émission sur CBS, je crois. On montrait pendant des heures des images très parlantes - un cataclysme naturel, fait cadeau par une certaine… je ne m’en souviens plus son nom… Enfin, il s’agissait d’un ouragan dont j’ignore (faute de bonne compréhension de l’anglais) la date ou l’année où il balaya la Nouvelle Orléans. Attendez! je me rapelle le nom : Katrina.
Bien sûr, tout était exagéré, comme font toujours les Américains, mais moi je fus touché par le proféssionalisme avec lequel ces producteurs de la CBS surent créer une telle intensité à partir seulement d’une consistente archive!