Moi, l’épigone

Je ne vous mentionnai jamais Jared. Qui est-ce? C’est une personne que je ne rencontrai jamais, mais qui, tout en douce, entre dans ma vie. À travers les histoires de mes colocataires, sa figure acquiert des contours de plus en plus clairs ; ainsi l’esprit de ces endroits m’étonne-t-il encore davantage.

Jared est le guiq qui occupa mon cagibi avant que je ne m’installe dans la Vallée. Baba-cool, le joint entre l’index et le pouce, ce gars était peut-être un programmeur comme beaucoup d’autres. Lui aussi il jouait au travail des jeux vidéo au moment où la boule Internet se dégonflait sans honte. Le licenciement étant imminent, il se décida finalement à partir…

Plus de 3 ans après, Jared se confessait : “Je me suis senti excellemment quand j’avais dépassé le seuil de 100k$. Maintenant je me sens très bien, également :-D”. Lui et ses associés venait de vendre leur starteupe à Broadcom.

Cependant, le nouveau millionaire tarda dans le même réduit plusieurs mois. La guiquesse est une philosophie de vie.

Requiescat in pace

Ceci se passa ce dernier week-end, quand David et moi sortîmes de l’autoroute pour entrer dans un centre commercial de Palo Alto. À peine tournés, je pus observer une foule de Noirs devant une maison communautaire, accoutrés comme pour une occasion spéciale. Est-ce un mariage? demandai-je. Non, c’est le contraire! répondit David. D’accord, ce n’était pas un divorce, mais un enterrement… Comment exposaient alors ses gens leur deuil? Soit par des costumes en couleurs sobres, soit par des… t-shirts épitaphores.

Rest in peace, brotha! on pouvait lire sur leurs dos. J’exagère peut-être, vu que je n’y identifiai pas vraiment de trace d’ébonique, mais je crois tout de même avoir bien saisi l’esprit de cette réunion.

La culture roumaine gagne des adhérents

Il y a des moments où mon appareil photo me manque. Après son vol, je ne le remplaçai plus, ne fût-ce que par paresse, par désir d’en acquérir un autre, plus performant, ou puis par manque de ressources, car l’achat d’une voiture s’avera prioritaire.

Quel fut l’instant-même où je ressentis cette lacune technique?
Hier soir j’allai, avec quelques membres de la RSA (Romanian Student Association) de Stanford, à une fête roumaine de Hayward. C’est là que la communauté roumaine de la Baie de San Francisco détient un centre culturel, appelé Casa Româna. L’activité organisée hier était une soirée dansante, ressemblant plutôt à des noces, fait dont je me rendis compte sur place.
Alors qu’est-ce qui me frappa tellement fort que j’aurais voulu immortaliser le moment sur une carte mémoire? Ou qui? Ce fut une jeune Américaine de notre groupe et sa façon de danser la manea :-) Je n’eus jamais vu de ma vie quelqu’un qui pût le faire si bien et sans touche aucune de soumission aux appâts machos de son partenaire! Mais cela ne s’arrêta pas à ce point-là… S’ensuivirent des danses populaires (ç-à-d folkloriques) où Maria excellait, non seulement par le degré de justesse de ses pas, mais surtout par le rythme fougueux qu’elle comprenait entretenir.

Si tout cela s’expliquait partiellement par ses racines allemandes et les polkas de son enfance, il ne reste moins vrai qu’elle eut développé une affinité pour notre culture folklorique (que l’on veuille ou non, la manea aussi s’y situe déjà). En effet, j’appris qu’elle eut même organisé des événements de la RSA, dont elle gagna le statut non officiel de présidente, non officielle ;-) Ce n’est pas nouveau pour nous, les Roumains : nous mîmes jadis sur le trône de la Roumanie un roi allemand et plus tard, son successeur se considérait roumain :-)

Lecture de samedi


Il m’arrive souvent de passer des heures dans les librairies Barnes&Noble, pour cause de commodités offertes dans leurs incintes : il y a des fauteuils et des chaises, ce qui encourage des gens comme moi à préférer à l’achat d’un livre sa lecture immédiate.

Aujourd’hui je lus “Debugging Indian Computer Programmers“, qui traite des immigrants H1-B aux États-Unis. Apparemment ce sont les visas qui ont dopé la plus longue croissance économique américaine ; ils ont également permis aux ÉU de renforcer leur position dominante dans le secteur des TI&C. Une cronique de ce bouquin se trouve ici. Bien entendu, j’exhorte non pas la revue, mais le livre ; en effet, son style détaché et les sujets collatéraux (qu’est-ce que cette odeur pestilente que portent certains Indiens?) peuvent envoûter :-)

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