Avant mon retour en Europe, j’ai pensé faire un voyage plus ample, démarrant sur la Côte Est. Tout a commencé il y a dix jours, quand j’avais pris l’avion pour Washington DC. Le plan était de visiter quelques villes importantes de la Côte Est et de continuer l’aventure en traversant le pays en voiture. Entre ce jeudi-soir-là et l’accident routier de ce soir-ci, j’ai passé un très bon temps, dont je vais raconter des moments…
Pour l’instant, quelques statistiques :
- J’ai erré dans maints états - la Géorgie, DC / Virginia / Maryland, Massachussetts, Connecticut, New York, New Jersey, Pennsylvania, West Virginia, Kentucky, Indiana, Illinois, Missouri, Oklahoma. S’ensuivent le Texas, le Nouveau Mexique et l’Arizona.
- J’ai pris beaucoup de photos - déjà 2Go.
- J’ai passé 3 jours à Washington, 2 à Boston, 3 à New York, ½ à Pittsburgh…
Quant à l’accident, ne vous inqiétez pas : c’était une collision entre deux camionnettes, au feu, près d’Oklahoma City. Apparemment était-ce a priori de notre faute, car nous n’étions pas dans la voie de virage à gauche lorsque nous devions l’être. Mais le policier arrivé sur place nous a concédié tout de suite, nous nous en sommes donc allés immédiatement.
Dans les billets suivants, je vous parlerai de l’alerte orange dans l’aéroports, des flics qui m’ont pris pour un petit terroriste à New York, d’autres péripéties et de mes impressions.
Aux ÉU, presque tout le monde aime négocier. Ceux qui ne l’aiment pas haïssent quand même les prix fermes. Tout doit être flexible et en recherche de consensus. Mais les moyens employés pour arriver à cette fin peuvent s’avérer au moins originaux.
Mon départ de la Vallée m’a offert l’occasion de débattre plein de prix, cette fois en tant que vendeur. J’ai déjà vendu table et chaises, canapé, petit sofa et… ma voiture. C’est bien ce dernier objet qui m’a surpris par ses négociations afférentes.
Il s’agit d’une cliente qui, cette fois-ci, n’avait pas l’air de toucher quotidiennement à la technologie comme nous, la majorité guiquissime de la Baie. Jeune, éduquée, coréenne de souche, elle voulait acheter ma voiture, mais seulement après avoir fait baisser le prix. Dans ce jeu de “ça vaut davantage, parce que…” - “je paie autant et je la récupère avant ton départ”, elle vint avec une idée insolite : elle m’offrirait en bonus une souscription gratuite pour un jeu aux cyborgs, en ligne!
Oui, c’est la Vallée : si on ne code pas pour une entreprise informatique, alors on travaille sûrement dans la division de marketing d’une firme de jeux…
C’est depuis lundi que je chôme. Mon travail aux États-Unis étant fini, je vais bientôt rentrer en Europe. Mais d’abord je dois vendre mes affaires, y compris ma voiture, et libérer mon appartement.
Jeudi prochain je serai en train de voyager vers Washington DC, après quoi je visiterai Boston et New York. Mon retour en Californie s’annonce aussi intéressant.
Par conséquent, le 10 octobre j’atterrirai à Paris. Attendez-moi donc à Charles-de-Gaulle, des fleurs dans les mains.
Parce que blog sans images, ce n’est pas si attractif. Ce n’est intéressant ni pour les lecteurs, ni pour le blogueur. Or Flickr, où j’avais l’habitude de mettre mes photos, efface (ou plutôt rend invisibles) les anciennes, ce qui m’ennuie si fort!
Pour l’instant, je n’ai pas trouvé un service qui puisse remplacer Flickr. Et bien sûr, je ne veux en acheter un compte pro. Vous devez comprendre ma sensation de client trahi.
Parce qu’il nous fallait un évier, Steve a contacté un plombier. Ce n’était pas difficile de percevoir un certain accent dans les paroles de notre prestataire. Mais point étonnant, puisque plus de 56% des Californiens ont des accents (34% Hispaniques en 2003 et plus en 2006 ; 60 langues parlées dans la Silicon Valley).
Mais cet accent m’a particulièrement intrigué. Notre ouvrier était blond, sa peau - blanche, son accent - slave. Il ne me restait que de vérifier le mythe du plombier polonais, si connu en Europe!
“Je suis iranien”, dit le plombier. Ce ne fut pourtant pas la fin de notre discussion, mais le début. Il m’a ensuite posé des questions sur ma nationalité, notre entreprise etc. Il était très curieux d’ailleurs. Et d’avouer ensuite qu’il avait jadis travaillé dans une compagnie de défense et qu’il détenait un degré de mastère en mathématiques!
“Et pourquoi pratiques-tu ce métier”?! je retorquai.
“Tu vois, ainsi il ne faut plus attendre 4-5 ans pour que l’entreprise entre en bourse et que l’on puisse échanger ses options et vendre ses stocks. Par exemple, je viens de bâtir une grosse maison dans Los Altos et j’espère d’obtenir 4,5 millions… j’aurai donc un million de profit”.
La route 49, qui longe au nord de Sacramento, emmène à Marshall Gold Discovery Park. Il est d’ailleurs normal que la route 49 ait toujours des resonnances aurifères. Mais ce n’est pas l’or que nous avons cherché ce weekend, sous une canicule si féminine (c-à-d belle et agressive - 45°C)… c’est bien l’eau!
Nous descendîmes les rapides d’American River entre ledit parc et le lac Folstom. Un trajet de difficulté 3, sur lequel j’ai finalement eu mon baptême en eau vive. Notre descente a duré 4h40 pour les environ 20km d’adrénaline.
Cet endroit, appelé Coroa Vermelha, apparut a l’horizon des navigateurs portugais un beau jour de l’an 1500. C’est dans ce moment-là que naquit le Brésil.
Plus que 500 ans après, ce que l’on peut voir sur cette plage est une croix commémorant ladite découverte. Mais derrière cette croix s’étend un terrain de foot, aux portes si artisanales… Surpris par cette association symbolique, je n’ai pas hésité à prendre cette photographie. Parce que ce sont les deux éléments essentiels de ce peuple.
Et le Brésil inscrit encore une fois. 4:1 dans la minute 90! Pra frente, brasileiros!
Samedi soir, je rentrais d’une fête brésilienne mensuelle de Mountain View. Pra frente, Brasil! parce qu’ils jouent aujourd’hui
Sur El Camino Real, j’avais tourné à droite, sans savoir que l’autoroute 85 était dans la direction opposée. Ainsi, après quelques kilomètres sur El Camino, j’ai dû arrêter, dans une station d’essence et demander des directions.
Le chauffeur de taxi que j’avais abordé, un Noir africain de 30 - 35 ans, après avoir interrogé son navigateur GPS, me donna la bonne réponse. Et me dit ensuite, fier : “Ça fait peu que j’ai mon permis de conduire”. “Depuis quand l’avez-vous?” demandai-je. “Depuis deux semaines.”
Le bougre, quelques jours après sa réussite, conduisait déjà un taxi! Et il en était tellement heureux qu’il daignait le clamer là à 2h du matin…
Je viens de constater que mon retour de taxes a bien été effectué. Un mois après la déclaration de mes revenus, je suis content de voir que cette tâche bien accomplie. C’est également le moment de rappeler quelques éléments tragicomiques de ladite déclaration, électronique.
Le code fiscal américain est très - voire trop - compliqué. Ça ne ressemble ni au formulaire unique français, ni au taux universel de 16% que l’on applique en Roumanie… Ainsi les conseillers spécialisés prospèrent-ils. De la même manière, les logiciels de préparation de cette décaration sont multiples et très profitables. Moi, j’ai tenté de la remplir tout seul et, après avoir bien lu tous les paragraphes me concernant (moins nombreux dans mon cas), j’ai compris que je n’allais pas récupérer une partie consistente de mes impôts mensuels. J’ai alors essayé TurboTax en ligne.

Cet instrument a ses limites. Il résout les cas les plus communs, mais pas plus. En conséquence, on ne m’a pas considéré la déduction prévue par l’accord fiscal américano - roumain et le résultat fut inattendu : mon retour serait beaucoup plus substantiel! Sinon, j’ai dû parcourir le même trajet de questions plus ou moins absurdes et parfois je n’ai pu m’empêcher de faire des captures d’écran. Regardez juste cette fenêtre!
La morale : cogitez deux fois avant de recycler les canettes, car on va sûrement vous solliciter de payer pluS d’impôts
Ma Toyota Corolla 2000 que j’ai achetée lundi a disparu hier de mon complexe. Je suis rentré à 9h du soir et je n’ai pu me garer dans mon espace, car occupé. J’ai laissé une note sur le pare-brise de cette voiture Bourgogne, en demandant que je sois appelé au moment de son départ. J’avais donc considéré que ce chauffard méritait que je lui épargnasse (sic!) une descente à la fourrière.
…Revenu plus tard dans le parking, je n’ai vu ni la rouge qui avait occupé abusivement ma place, mais ni ma voiture!
Ce matin, je me suis rendu à l’office du complexe pour exprimer mon mécontentement à l’égard de cet événement et pour réclamer ma voiture. (En effet, mon auto avait été remorquée). La manageuse a tâché de me démontrer que c’était moi le fautif : je n’avais pas garé au bon endroit. Oui, c’est vrai, modulo les causes déjà exposées. Cependant, je trouvais plus qu’étrange de dégager le parking quand j’avais un autocollant résidentiel sur ma vitre!
La fille m’a emmené plus tard à la fourrière. C’était bien loin - près de l’aéroport de San José. Elle a ensuite essayé d’expliquer au service de remorquage qu’il ne fallait pas procéder dès qu’ils avaient vu mon autocollant. Vu la résistance du personnel, j’ai compris que je n’allais pas m’en échaper. Les frais étaient exorbitants : 255$ (remorquage, heures de nuit, jardinage, surcharge de week-end).
Finalement, on m’a fait payer cette somme astronomique. Mais Katherine, la gestionnaire, a aquiescé que l’on me déduise ce montant de mon prochain loyer. Sinon… je n’aurais pas réussi à me calmer.