C’est le nom de la rue principale de Porto Seguro. Même si de jour, l’activité citadine n’y est pas concentrée, au moins de nuit c’est l’endroit le plus effervescent de cette ville bahianaise.
C’est aussi l’endroit où j’appris uns des mots brésiliens les plus importants. Capeta, caipirinha, caipifruta, caipiroska / caipivodka, beijo na boca, açaí (alcoólico)… Tous ces cocktails sont servis devant ces échoppes ornées de fruits locaux, de bouteilles variées et de fleurs artificielles. Le prix de la boisson est fluctuant : d’habitude il descend en fonction du nombre de jours passés à Porto Seguro. Ainsi, ma première capeta coûta 6 reais… 5 nuits après, armé d’une certaine débrouillardise en portuguais, je n’ai payé que 4 R$ pour ma liqueur tropicale. De surcroît, cette fois elle était double.
Comme j’ai envie de vous parler de mes vacances sud-américaines, j’entamerai mes récits sans avoir pu poster des photos pour cause de connexion Internet moyenne. En effet, j’ai pris beaucoup de photographies et je voudrais bien en partager, mais pour l’instant je me contente de l’idée que ça va venir, bientôt.
Pour intéressant que mon voyage ait été, je vais donc commencer par sa fin : le retour de Curitiba à Paris et ensuite à San Francisco. 2 vols transatlantiques, dont le dernier fut repoussé d’un jour. Pourquoi traversai-je deux fois l’océan? Tout simplement parce qu’un seul vol aurait coûté quelques milliers de dollars de plus.
Il y a une semaine, j’étais dans l’aéroport de Curitiba avec Juliana. Elle partait pour Porto Allegre, moi pour Paris via São Paulo. Le lendemain à midi, j’étais de nouveau en France ; je me dirigeai vers le 16e, où Alex concluait son expatriation. Je devais repartir un jour plus tard… et c’est ça que j’ai tenté. Mais…
Après un trajet assez lent en métro, je suis arrivé à l’aéroport Charles de Gaulle. Il était midi, mon départ était prévu pour 1h. Dès que je sortis de l’espace RER, je fus arrêté par deux personnes en civil - la police de la douane. Ils me sollicitèrent le passeport, le billet d’avion, ils me posèrent plein de questions sur le but de mon séjour aux ÉU et ensuite sur le contenu de mes valises. Mais ils ne se contentèrent pas si facilement : une fouille de bagages s’ensuivit.
Je me rendis aussi vite que possible à la station de bus pour mon terminal. Je constatai que la navette venait de passer. En attendant, qui vis-je dans la station? Les mêmes policiers-douaniers, simulant une attente inoffensive.
J’arrivai à 12h25 à mon point d’enregistrement. C’était vide. On m’a ensuite refusé l’embarquement, pour cause de procédure clôturée. Au guichet d’United Airlines, situé à 10m, je pus obtenir un billet pour le lendemain, sans charges supplémentaires. Il fallut donc que je revinsse le lendemain matin, mais non seulement : je dus prévenir mon patron.
Après une seconde nuit chez Alex, les souvenirs du Brésil dans la tête et la mauvaise conscience pour mon retard, me revoilà au guichet d’UA, où je reçus la confirmation du billet. A priori, j’aller arriver plus tard à San Francisco. Finalement, lors de ma courte escale à Washington, je pus avancer mon vol final, en passant par une liste d’attente.
Ce jour-là, je compris pourquoi l’enregistrement avait été fermé si tôt (45 minutes avant le départ prévu, 1 heure avant le départ effectif) : je passai par 9 filtres. Une sorte d’entretien d’immigration au début, puis l’enregistrement du bagage de cale multiplié par deux (on me fit faire deux bagages, car celui initial, qui n’était qu’un, dépassait le poids admis), divers contrôles de documents en voie vers la porte d’embarquement, deux contrôles de bagage à main et corporels, parce que j’osai aller aux toilettes…
Après l’escale à Washington, j’arrivai à l’aéroport de San Francisco avec 100 minutes de retard. C’était pourtant négligeable par rapport aux 33h que conta ma journée transatlantique. Par contre, le temps pluvieux de la Californie contrastait fort avec le décor tropical que j’avais quitté dimanche.
Bien que je sois revenu avant-hier soir, je n’avais pas encore eu l’occasion de marquer le moment de la rentrée. Me voilà donc de retour en Californie, après des vacances étendues, comme dit mon patron.
San José ¤ LosAngeles ¤ Londres ¤ Nice ¤ Paris ¤ São Paulo ¤ Porto Seguro ¤ São Paulo ¤ Curitiba ¤ São Paulo ¤ Paris ¤ Washington ¤ San Francisco - voilà à quoi ressembla mon périple vacancier. De ce trajet, 10 jours avaient été alloués à mon tour sud-américain. J’ai beaucoup aimé le Brésil et je reviendrai avec des billets qui lui seront consacrés. Ne vous éloignez donc pas!
Aujourd’hui je suis allé à San Francisco récupérer mon passeport. Est-ce que ça vous plaît? Si tout se passe bien, je serai dans une autre São le 1er avril.
Des vacances, hourra!
Je viens de recevoir mon permis de conduire. Même ce courrier a dû être fort intéressant : on me propose de devenir donneur d’organes.
Attendez un peu, il n’y a point raison de se dépêcher!
“Vous avez gagné une excursion à Las Vegas / San Diego pour deux personnes. Sont inclus les billets d’avion, l’hôtel, une carte d’essence et un dîner romantique avec une bouteille de champagne. Aucune obligation d’achat ou de souscription de votre part.” Ces mots retentirent de l’écouteur de mon téléphone et me laissèrent non pas exalté, mais plutôt curieux. Tout allait s’éclaircir trois jours plus tard, quand je devais donner cours à l’invitation de cet opérateur touristique de me rendre à son bureau pour visionner un film publicitaire. C’était donc sans doute une présentation commerciale où ma simple présence était censée être gratifiée d’un cadeau généreux : une excursion soit à Las Vegas, soit à San Diego, en fonction du choix que moi et ma partenaire aurions fait.
Le jour J et à l’heure H, je me rendis comme prévu au siège de mon mystérieux bienfaiteur. Pour ce faire, j’ai emprunté la voiture de Nola - j’ai un permis de conduire maintenant, vous en souvenez-vous? C’était un bâtiment de bureaux situé vis-à-vis du centre commercial où j’avais rempli une fois un billet de tombola pour une voiture. Il m’était évident que les deux événements se trouvaient dans une relation de causalité directe, car au téléphone on m’avait demandé de confirmer quelques données écrites d’avance sur ce billet de tombola.
Que vois-je au moment où je suis entré dans l’agence? Une foule de personnes, des couples pour la plupart, annonçant leur arrivée au guichet et attendant qu’elles soient dirigées vers la salle de projection. Je compris de suite que l’épisode Asspen de South Park (où les parents ne peuvent se réjouir de leur séjour gratuit à la montagne, car assistent sans cesse à des présentations imposées) n’était pas une affabulation. Sauf que maintenant tout avait l’air de se dérouler très rapidement. Et que le séjour promotionnel n’avait pas encore commencé.
Notre film parla d’un système de copropriété temps-partagé, permettant aux clients de changer de destination et de créneau vacancier. Les sites de l’entreprise étaient multiples et notre hôte savait très bien s’adresser au public, en vantant les avantages de son produit. Mais 15 minutes plus tard, j’étais devant un agent féminin, non pas aussi doué que le premier, qui essayait de me faire gober ses couleuvres. Je l’ai laissé faire son travail, parce que les conditions étaient assez claires : avec ou sans souscription, j’allais rentrer l’excursion dans ma poche. Ainsi, après un bout de temps, notre discussion se dirige vers sa fin et on me passe un manageur, juste pour que l’on me dise le prix de ce produit génial que je n’envisageais point acheter. Encore une minute et tout allait se terminer et moi, j’avais hâte de voir à quoi ce ressemblait que ce billet gratuit qui venait de nulle part!
- Monsieur, vous dites travailler aux États-Unis?
- Oui, redis-je.
- Alors vous avez probablement un visa H1…
- Je l’aurai en octobre.
- Si vous n’avez pas de visa H1, que dire de carte verte? Monsieur, je regrette énormément, vous ne pouvez vous enrôler dans notre programme et malheuresement nous ne sommes plus en mesure de vous offrir aucun cadeau.
- Mais… Non, je ne prononçai aucun mais, je dis simplement, entre rires, que je comprenais, qu’il devait y avoir quelque chose.
Il m’expliqua ensuite que les règles d’éligibilité étaient marquées dans la lettre que j’aurait reçue et par laquelle j’avais été convié à cet événement. Sauf que l’invitation audit événement avait été téléphonique et non pas écrite et que le nombre de Californiens naturalisés qui parlent anglais pis que moi est trop significatif pour que l’on eût pensé à mon possible statut d’étranger. Aussi étais-je là, le jour J à l’heure H, sans que personne ne m’eût communiqué les conditions du jeu…
Je fus conduit à la porte, où une dame me proposa un bon d’achat de 100$. Mais je me suis dit que j’étais en Amérique et que tout était donc possible. Je lui ai expliqué comment je m’étais absenté deux heures de mon travail et que je devais y retourner pour faire des heures supplémentaires. Alors elle me rétorqua une proposition améliorée : elle allait rediger un rapport et j’aurais reçu par courrier la résolution de l’entreprise. À ce moment-là, j’ai sollicité des contacts - elle me donna une carte avec son nom. Ensuite elle m’écrit le prénom du manageur avec qui j’avais interagi. Puis, comme j’ai demandé son nom de famille, elle est partie le chercher. Ce bougre - talent de détectif, chapeau! - compris que cette histoire n’allait pas finir si tôt. Il quérit le chef, avec qui j’eus une discussion très amicale. Après quelques minutes d’attente (ou de délibérations), le chef m’annonça leur verdict : ils allaient me donner l’excursion.
Je me décidai sur place pour Las Vegas, je récupérai le billet et je rentrai au travail dans la décapotable de Nola. Maintenant je devais faire des heures supplémentaires! C’est grand’ pitié que de moi, confrères!
Je vous avais parlé ici et là de mes examens de conduite routière, sans possibilité de conclure. Je vous annonce avec joie le résultat final de ces péripéties : je viens d’obtenir le permis.
Cette fois, j’ai payé des heures de conduite à un instructeur. Et je puis confirmer : c’est la méthode la plus efficace, puisqu’il sut me donner les meilleurs conseils. En effet, ce qu’ils enseignent est très pratique et adapté au test également.
Au début, j’ai eu mes réserves : mon instructeur, taïwanais, ne me parlait pas anglais. De fait, il essayait de donner de son mieux, mais il n’était pas trop doué. Heuresement, après des mois en Californie, je me suis habitué à une palette assez large d’accents. Par contre, je ne peux contester ses qualités d’enseignant. Dans les deux cours qu’il m’a offerts, j’ai appris quelques éléments essentiels de conduite.
Mais la partie la plus intéressante se déroula le jour de l’examen (mardi, le 7 mars). Nous nous sommes rendus dans le quartier du centre DMV pour exercer mes aptitudes de chauffeur… sur le trajet du test
Est-ce normal? allez-vous demander. Peut-être non, mais comme tout candidat peut conduire accompagné d’un ami, y compris près des centres DMV, ce serait légèrement insensé de concevoir une loi contre ces situations. Pourtant, il s’est avéré qu’il n’était pas permis aux instructeurs d’amener leurs élèves sur ces routes-là. Que s’est-il passé quand nous y sommes arrivés? Ning Chi a incliné son siège (J’ai reçu un avertissement vendredi, m’expliqua-t-il) et, de sa position basse et dépourvue de visibilité, a commencé à me donner des directions. Il connaissait les rues par coeur, c’est pour ça que, modulo quelques instructions tardives, il ne se trompait pas. Mais plus fréquentes que ses directions étaient ses questions obsessives : Y a-t-il des voitures dans la rue? Est-ce que tu vois une voiture derrière? etc. Et ma réponse constante : Non, pas de voiture. Il était en fait trop tôt (8h du matin) et je conduisait dans une zone résidentielle. Les autos étaient plutôt loin, sur les artères voisinantes. Mais un peu plus tard, ma réponse a finalement varié :
- Oui, j’en vois une.
- Combien de personnes dans la voiture?
- Deux.
- Oh, mon Dieu, il doit y avoir examinateur et examiné !!!
Après mon test, qui fut tranquille et très satisfaisant (j’ai finalement obtenu mon permis!), Ning Chi se confessa : Je viens de rencontrer un officier DMV. Il a dit m’avoir vu ce matin dans le quartier. Mon pauvre prof, jadis ingénieur chez Cisco, se faisait maintenant flanquer les chocottes pour cause de balade matinale dans un quartier de Santa Clara…
L’épilogue de cette histoire fut aussi insolite que mon dernier mini-cours de conduite : tandis que nous rentrions à Campbell, Ning Chi s’administrait une thérapie par rire : il me demandait divers mots chinois et s’amusait copieusement de mes réponses. Le chinois parlé avec un accent roumain doit être vraiment rigolo
PS Comme il est aussi l’heure d’adresser des remerciements, j’exprime ma gratitude à Christine, qui eut non seulement la patience de m’accompagner, mais aussi un esprit critique constructif : elle sut corriger une mauvaise habitude que j’avais au volant… Je remercie aussi à Lorenzo, Rory et Nola. Et à l’inoubliable Ning Chi Chang!
Les floristes américains sont plutôt rares et on ne peut espérer en rencontrer sur une distance de plusieurs kilomètres ou plus, même si c’est le 8 Mars et que l’on veut se procurer des fleurs pour ses collègues féminines. Parce que si tu souhaites le faire, tu es sans doute le seul à avoir remarqué que c’était la journée internationale des femmes.
Je me rendis donc à mon bureau après une marche à pied de deux lieues sur un trajet désert de fleurs et de toutes traces du festivisme dont j’étais entouré autrefois en ce jour printannier. Mais comme je n’accepte pas si facilement le goût de la défaite, j’ai proposé à David de continuer la recherche, après lui avoir bien sûr rappelé la signification de cette journée. Ainsi a-t-on vite solutionné le problème, car ici la voiture résout tout.
Trois bouquets pour nos trois dames… Ce furent trois suprises, parce que Happy IWD ! fois trois équivalent ici à trois devinettes plutôt difficiles. Mais le geste a été bien apprécié et la conclusion - tranchante : En effet, les Français sont des hommes courtois et attentionnés… C’est peut-être vrai, mais un peu moins vrai les 8 mars en France. Si elles le savaient…
(Pour ce qui ne l’ont pas remarqué, je ne suis pas encore français.)
Christophe m’avertit que l’on tombe pile sur mon blog si on fait une recherche selon “cezar blog” sur google.fr. C’est un progrès (surtout pour ce moteur, moins pour moi), puisque c’est la première fois que je voie ça.
Mais 20 minutes plus tard, mon blog n’arrive qu’en troisième position, pour exactement les mêmes mots. Sic transit gloria mundi!…
La dernière période ne fut pas dépourvue d’événements. Je vais les enchaîner tout simplement :
- J’ai eu aujourd’hui la soutenance de mon stage et le diplôme s’ensuivra donc bientôt. Moment marqué avec un borsch de betterave à la crème fraîche -mmm…
- Un agent FBI a visité notre maison, sans pour autant trouver le terroriste roumain qu’il cherchait.
- Carolyn vient d’une collecte de fonds pour un candidat à la mairie de San José. Par contre, elle ne put me dire si l’incriminé était républicain ou démocrate. Est-ce que c’est vraiment important? Elle ne fit qu’accompagner son patron à cette action de soutien d’un homme politique très charismatique. Je crois bien que ça suffit.
- Je suis passé à nouveau par Santa Cruz (c’est d’ailleurs de là que j’ai vidéoconférencié ma présentation). J’ai constaté encore une fois que les Santacruziens étaient tellement différents… Hippiotes jusqu’à la fin des jours. Coolão!
- Le batteur de Perfect Circle m’offra un gin & tonic à Farenheit SJ, le jour de l’Anti-Valentin. “A Perfect Circle sont-ils connus?” “Très!” En effet, il le sont. De plus, les enchantillons que je trouvai ensuite sur leur site me plurent beaucoup.
- Il pleut, il pleut, il pleut et je n’ai pas de calèche…